mardi 10 juillet 2012

L'illusion du choix

Un constat : Kraft, Nestlé, Pepsico, Kellogg's, Mars, Coca-Cola, Procter & Gamble, Unilever, Johnson & Johnson et General Mills, 10 groupes contrôlent la plupart des produits de consommation courante. 


Dans les grandes villes, les hypermarchés contrôlent, à travers les cartes de fidélités, nos habitudes de consommation et l'évolution de notre pouvoir d'achat. Tous les moyens sont bons,pour nous encourager à verser toutes nos gouttes de sueur, le fruit de tous nos efforts, nos économies et nos économies futures à acquérir des futilités de plus en plus sophistiquées et de plus en plus inutiles.

Les hypermarchés et les structures de distribution savent sur les citoyens plus que l'administration fiscale et les caisses de la sécurité sociale. Les adresses sont plus mises à jour que celles figurant sur les cartes d'identité et les fichiers du Ministère de l'Intérieur. 

Les bases de données sont savamment et précieusement gardées et échanger entre sociétés du groupe. Des règlements de jeu sur facebook et ailleurs imposent aux participants de renoncer à leurs droits à l'image, à la protection de leurs données à caractère personnel contre un mince cadeau, encore un objet futile qui ornera éphémèrement l'étagère avant d'encombrer les ordures. 

Au-delà des anti-trust laws, des pratiques anti-concurrentielles, des policies, des anti-bribery commitments, le plus préoccupant c'est le sort de l'humanité, la famine... avec une graaaaaande pensée (stérile) pour mes concitoyens à Gafsa et ailleurs  dans le Sud tunisien, qui meurent de soif sous le regard d'un gouvernement obscenturiste, parfait allié et main armé des forces Illuminati. 

Que gagnent les maîtres de l'Univers d'un tel carnage, d'une telle servitude. N'en ont t-ils pas assez de cumuler toujours davantage d'argent et du pouvoir? Mais auraient-ils suffisamment de temps pour régner et dépenser? 

Avaient-ils suffisamment de lucidité pour se questionner sur le lendemain? 


L'histoire de l'humanité s'accélère en crescendo. Il y a tout juste 500 ans, l'invention de l'imprimerie accélérait la diffusion du savoir. 200 ans nous séparent de la machine à vapeur qui provoqua la révolution industrielle. 
De toutes les guerres, les expansions, les créations, l'homme ne s'est jamais fait autant  de tort, jamais il n'a fait autant de tort à la nature et à ses semblables qu'en ce siècle.

L'homme a perdu les pédales. Il a inventé des objets qui pensent à sa place, et n'a plus le temps de lire les synthèses, d'arriver à des conclusions, de tirer la sonnette d'alarme. 

les hommes se sont érigés en troupeaux gouvernés par leurs sexes et par leurs ventres, la vie n'est plus qu'instinctive. 
Plus tu bois, plus tu as soif.
Plus tu baises, plus tu déprimes. 
Rien ne peut plus nous rassasier. 

La Terre s'amoche de jour en jour, ordures, ciment, sang, déchets nucléaires, catastrophes naturelles, industrialisation massive, infantilisation irraisonnée... des troupeaux encore des troupeaux de consommateurs qui renflouent les caisses des multinationales, qui achètent des couches, des fringues, des conserves, des voitures, des appartements, des voyages... en enfer, à moins d'un ticket pour le Paradis, vendu par un vendeur d'illusion affamé d'argent et de pouvoir.
Un ticket pour le Paradis sans pour autant renoncer à assassiner le paradis appelé Terre. 




lundi 23 avril 2012

Conte de fée béta. (Tome I: cyber-renocntre)

3 ans de mariage, çà se fête! Comme au premier jour, je crie encore mon amour sur tous les murs (blog, facebook, twitter, google+) et partage avec vous, chers voyeurs, chères voyantes,  un contre de fée version β (çà bugait bcp, bcp moins mnt grâce à l'informaticien concepteur). En voici, le tome I, cyber-rencontre.

Si comme moi, vous n'étiez pas prédisposée au mariage, notamment qu'en tant que :
- Debeauvoirdiste/Veiliste  acharnée, 
- idéaliste, idolâtrée et un peu idiote sur les bords, 
- internaute accro, 
- sociable-solitaire, 
- faetalement/fatalement liée à tes meilleurs amis garçons (qui ne veulent de toi qu'en tant que Grande amie),  
- avec une langue de 15 cm et que tu ne peux ni tenir dans ta poche,  ni tourner plusieurs fois,
- écrivant des poèmes décrivant ton émoi vulnérable et la gourmandise de tes sens, 
- workoholic acharnée à l'ambition démesurée dépassant les limites de tes capacités mentales réelles.  

L'insistance exaspérante des tantes qui te pourrit davantage les ambiances pourries des fêtes de famille t'a, des fois, donné l'idée de te marier pour te délivrer du calvaire, mais, l'envie n'y est plus, rien qu'en se rappelant que: 
- Tu as déjà été amoureuse et tu pense que "amour rime avec toujours" c'est du has been; 
- Tu ne veilleras plus tard sur ton PC à tweepler avec un geek boutonneux; 
- Tu devrais faire à manger deux fois par jour, 7 jours sur 7; 
- Tu devras laver, repasser, plier les vêtements de Monsieur;
- Finis les cafés et apéros d'après l'boulot avec des inconnus que tu ne reverras plus jamais. 
- Et l'argument de taille, est que tu es avocate et qu'à 27 ans, tu as déjà 13 divorces sur le dos. 13 divorces, 13 couples, 13 histoires, 13 vérités mitigées et quelques enfants au bord de la dérive.

Et un jour....
Le prince charmant sur son msn 2007, sirotant son jus d'orge, tape ton mail et te salue. 
Cendrillon devant l'écran poussiéreux de son NEC qui s'échauffe et s'éteint chaque fois qu'elle bouge les jambes, lui répond poliment, elle qui peut être grossière avec les asv, cam plz.
Le prince charmant a un bon français, de l'humour à en revendre, une culture encyclopédique qu'il étale à petites doses et sans prétention aucune. Il était blogueur mais ne se revendique plus comme tel.
Tu es une bloggeuse au blog rose, tout à fait banal, avec des mots d'amour qui riment bien.
Il est hésitant, marginal, anarchique, il a un boulot qui ne lui correspond pas, mais qui sonne bien.
Tu as un boulot qui ne te correspond pas, mais qui sonne bien.
Il en a marre de ses conditions. Il décrit une grande maison avec jardin arborisé comme misérable. Le fils à maman qui a eu son Commodore quand des gens n'avaient pas de quoi acheter un cahier, appelle misère le défaut de job-étudiant dans un pays qui ne sait pas cadrer ses étudiants qu'il éparpille au gré du vent.
Tu as marre de tes conditions, mais tu t'en fous tellement tu vis sur un nuage. 
Tu as marre de ton chauffeur qui te suit comme ton ombre, alors que tu n'as pas de quoi lui payer son café.
Tu as  marre du paraitre, tu as marre des gosses de riches qui te trouvent pas assez bien pour les bals de charité, et tu as marre des opportunistes qui pensent pourvoir faire une ascension en épousant la princesse des pauvres. 
Tu as marre de ceux qui ne te trouvent pas suffisamment émancipée et exigent que tu coupes le cordon ombilical.

Une semaine de pingpong verbal et de défilement de photos de profil passa, le prince offra à Cendrillon un café et une longue marche, puis une citronnade aux amendes chez Chalghoum, puis deux, puis une glace, et la glace fonda de jour en jour.
Il parait qu'il a apprécié son audace verbale et son détachement, qu'en sais-je.  
Fidèle au reflet qu'offrait sa webcam, il a l'air d'un étudiant européen, peau claire, grains de beauté, châtain, lunettes, mains soignées, angélique, déprimée, mais pas du tout déprimant. Tout à fait le style qui meuble les nuits étoilés de Cendrillon 2.0.

Ils découvrent qu'ils habitent le même quartier-dortoire surpeuplé et assommant. 
Raison de plus, pour ne plus se quitter.
Ils se disaient amis, parlaient de tout, de rien, refont le monde, le défont, le défient. 
Les amis ont appris à se connaitre par coeur, au moindre battement de cils, au moindre souci, au moindre désir.

Le prince charmant était trop fatigué par la vie pour apprécier les filles sophistiquées et les paroles planifiées. La transparence est plus reposante, même si elle écorche vif et sans pitié.

Il disait détester le mariage et les institutions faussées. Il détestait surtout les responsabilités, les contraintes, les comptes rendus, les relations arrangées, et au-dessus de tout il déteste les mensonges. Les filles tunisiennes étant menteuses par essence, moi incluse, si ce n'est pas obligation, c'est par refus de la réalité. 

Cendrillon mettait la barre haut. Le saut à la perche ne lui faisait pas peur, par défi ou par insouciance, tellement il n'y croyait pas, il réussit à être à la fois un bon ami, un bon amant, un bon mari et un bon père.

Durant toute la saison chaude, ils veillaient à chuchoter et à regardaient des films, l'âme sensible se cachait derrière son dos à chaque scène violente, on dirait qu'il choisit les films exprès. Elle dormait tôt, il la bordait et rentrait chez lui. Un kilomètre à pieds c'est long surtout quand il a commencé à venter et à pleuvoir.  Et c'est ainsi qu'ils se fiancèrent un 31/12.

Durant les fiançailles, ils sentirent que leur bonheur leur a été confisqué et devenu tributaire des us et coutumes, des qu'en dira-t-on, des "beldeya ydannou hakka", de ses concepts de designeuse refoulée,  de l'écart entre les moyens et le rêve.
Fiancé, le prince faillit oublier ses théories d'égalité et de liberté et faillit oublier pourquoi Cendrillon étaient différente des Cendrillons et pour quelles raisons la paire de chaussures qu'il lui offrait ne pourrait aller à aucune autre.
Fiancée, elle n'était plus tout à fait son amie. 
Fiancée, Cendrillon qui ne rendait des comptes qu'à sa manière, s'est rendue compte qu'elle était désormais traquée. Les textes de De Beauvoir, l'idéal de femme libre qu'elle se jurait de l'être et de le rester se mêlaient à tous les drames d'adultes consentants, ses clients, les femmes battues, trompées, ensevelies,  ses ex et leurs indélicatesses, tout tournait dans sa tête comme un moulin à vent, comme un tourniquet de cartes postales abimées. 

Heureusement que les membres des familles réciproques s'appréciaient tellement et admiraient le couple de tourtereaux improvisés qu'ils ont toujours essayé de cimenter les fêlures d’orgueil blessé.  
En dehors du joug usager, Cendrillon et son prince savaient que c'était leur seule chance de rencontrer l'alter ego, celui qui t'accepte comme tu es, qui t'admire pour ce que tu es. 
Et puis et surtout, les peaux se sont rencontrés et ne sont pas prêts de se quitter, advient que pourra . 

Et c'est ainsi que le prince épousa sa Cendrillon par un jour pluvieux. Le Ciel a inondé la Terre par tous les pleurs qu'a versé les solitaires.  

.. to be continued (نعود بعد الفاصل)











jeudi 16 février 2012

C'est du pavlovisme et non pas de la bêtise


J'ai espoir que c'est un mauvais film et que les gens se lasseront bientôt. Je crois qu'il s'agit d'une préparation d'un après, une façon d'accepter l'inacceptable par démonstration du pire.
Je ne partage plus les conneries, je ne fais plus de commentaire et je ne joue plus au jeu.

Je publie les infos dignes du vrai pays qu'est la Tunisie (et non pas celle de l'Etat bananier auquel ils nous font croire qu'on est ressortissants), le social, l'économie, les investissements, les colloques, l'éducation, les activités associatives, les activités artistiques, ...

Les mascarades? Comme j'ai banni les chaines tunisiennes de ma télé et je 'ai plus d'auto-radio (suite à son vol en août 2011), des fois, je ne suis même pas au courant, et c'est tant mieux !
Ben Ali nous a régné par la peur, là, c'est une politique pour affamer le peuple et épuiser l'élite, jour et nuit à commenter des conneries, à ne plus être productifs, à sombrer dans la dépression, à bouffer notre temps loin de l'essentiel, pour finir par accepter toute alternative proposée comme un miracle.

Des fois, la mise en scène, la concordance des évènements, l'enchère et la surenchère crèvent les yeux. Tu fais une action, je riposte. Un président (au CV loooooooooooooong comme un jour sans pain en termes d'études comme en termes de défense des droits de l'homme), maintenant, parle comme un chômeur presqu'illettré dans un café, accumule gaffes et bourdes. Des ministres aux sourires jaunes jouent aux loups à la bergerie et se prennent pour le petit Chaperon rouge. 
Les publications, les visites, la provocation à effet inversé, la gué-guerre médiatique et médiatisée...
C'est fou ce que des actions évidentes n'ont pas été faites, ou faites après coup, ou mal faites:
- L'indemnisation et la célébration des martyrs et des blessés de la Révolution qui devraient être la 1ère action très cérémoniale du gouvernement au 14 janvier 2012 n'a pas encore vu le jour alors que cela ne coûte pas grand chose à l'Etat (officiellement 236 martyrs, mais le chiffre est sans doute plus élevé en réalité)!!!
- La construction de foyers d'accueil et de restos du coeur en préfabriqué pour les sinistrés de la neige ne coûte pas grand chose non plus ni au budget de l'Etat ni aux partis multimillionnaires. Le pré-fabriqué est prêt en une semaine. Ce laxisme m'exaspère et ouvre les portes à toutes les dérives justifiées par l'ignorance et le désespoir. Une politique de sayyeb el mé 3al battikh, zidhom mezelou ytnaffsou !!
- La commercialisation de la destination Tunisie comme la destination en vogue pour les jeunes rebelles, ceux qui voyagent en sac à dos, "the revoltuion destination", avec des tags, des photos, des spectacles, du sport extrême, un mémorial retraçant l'histoire récente, dans toutes les villes et villages qui se sont soulevés; 
- Du concret pour les chômeurs, ou du moins les formations en anglais, informatique, les perfectionnements professionnels, la correspondance administrative, les speechs, les présentations, la motivation, l'attitude.. ou leur apprendre tout ce que l'enseignement de base a omis de le faire;
- la collecte des données statistiques réelles, pour chaque chômeur, chaque famille nécessiteuse, étude sociale et preuves à l'appui, afin de mieux cibler les projets qui répondent à leurs attentes; ...
Je ne suis pas politicienne, pourtant, les actions me paraissent évidentes comme le soleil. 
Il ne faut pas coller le laxisme sur le dos de l'inexpérience. Après l'indépendance, Bourguiba & Co avaient régné un pays dévasté par la colonisation sans pour autant avoir de l'expérience, c'étaient des jeunes trentenaires. Ce que nous vivons est exprès, synchronisé etchronométré, c'est du pavlovisme et non pas de la bêtise.




mardi 31 janvier 2012

Bienvenue au royaume des sourds, aveugles et bavards



J'ai 31 ans, ma Tunisie, je l'ai tjs rêvé, colorée, équitable, culturelle, design, écologique. Ma déception vire souvent en dépression. Les solutions ne me paraissent pas si compliquées, mais j'ai comme l'impression que je vis au royaume des sourds, aveugles et bavards. 
Je salue plusieurs initiatives isolées de la société civile de créer des associations actives en vue d'aider, chacun à son niveau. Mais, ce n'est pas assez, c'est comme si ce sont des goûtes dans une terre aride et assoiffée. 
Consommer tunisien, fermer la porte aux produits de contrefaçon venus de Chine et d'ailleurs. Lancer la formation professionnelle ciblée dans toutes les régions, faire des usines de toute et de rien (lampes LED, détecteurs de fumée conformément aux normes européennes puisque en 2015, en France chaque foyer devra impérativement être muni d'un détecteur de fumée, c'est un énorme marché, des horloges, des montres, des parapluies, tout ce dont un tunisien aura besoin au quotidien). Faire un programme de reforestation qui peut employer et absorber des milliers d'ouvriers non qualifiés... 
J'ai comme l'impression que ce gouvernement patauge dans le noir. Je ne suis pas contre la présence d'Ennahdha en tant que courant politique, si ce courant politique respecte les autres et respectent sa part réelle de marché politique. Or, là, j'ai l'impression qu'il s'agit d'une bande d’incultes ravis du pouvoir et qui s'amusent comme s'ils jouent à un jeu de sociétés. 
D'un autre côté, et de part ma profession, je participe de plus en plus dans des négociations syndicales, si je plains le salarié qui a été longtemps ignorés, méprisé, rabaissé, aujourd'hui, j'estime qu'il n'a pas su obtenir sa revanche, je pourrai le comprendre dans la mesure où il n'a pas été éduqué aux modes civiques de revendication, mais je le méprise un peu, et je le dis comme çà, tout cru, parce qu’il méconnaît et ses droits et ses intérêts immédiats et ses intérêts à moyen et long terme. En parfaite marionnette de forces mystérieuses, le salarié syndiqué joue avec le feu et brûle sa demeure, ne pense ni à son voisin, ni à son enfant, tout ce qui l'intéresse c'est quelques deniers qui ne peuvent même pas faire face à la flambée des prix.

samedi 31 décembre 2011

Finissons l'année sur une note de paix et d'amour











Je ne serai pas loquace, l'année l'était pour moi, elle était au-delà de mes aspirations et en a dévié.
C'est comme si un gamin rêvait d'un pot de miel et se découvre diabétique. 
La page ne sera pas tournée, nous devons la garder en mémoire, notre histoire en évidence, pour mieux guider les lendemains. En guise de voeux pour l'année à venir, je préfère vous livrer un message de paix et d'amour avec ces stéréotypes arabes (et dire à quel point nous sommes stéréotypés, malgré les pseudo différences). Ces stéréotypes nous claquent en pleine figure à quel point nous manquons d'imagination et avons besoin des autres pour agir à notre place. Ces affiches ont été placées par Peter Fuss à la gare de Gdansk en Pologne.
Ce soir, il faut prendre le recul pour mieux rebondir.
 Mes amis de fortune et d'infortune, je fus heureuse que cette année nous a unis et réunis, je vous souhaite le pays que vous méritez. 
Peace & Love 


mardi 25 octobre 2011

LIBRES jusqu'à quand?





Il y a quelque mois, j'étais heureuse d'apprendre d'abord que RSF a ouvert un bureau à Tunis et que suite à la levée de la censure, la Tunisie sort du noir

Au fil des jours, une compagne publicitaire prend place, je l'avais remarqué parce qu'elle avait dérangé mon regard rêveur, utopique, grisé de cette force et union du peuple qu'on pense permanente. 

La compagne est très intéressante abord visuellement, et puis par le slogan concis, frappant et alarmant.  RSF, formé par des professionnels expérimentés tire la sonnette d'alarme.  

Je me questionnais, cette liberté fraîchement acquise, de lire, de penser, d'exprimer le fin fond de sa pensée pourra-t-on la perdre, si vite? Et j'errai à m'essayer à plusieurs scenari, le gouvernement de l'ombre, le retour des sbires, la montée des fanatiques de Dieu (des deux rives extrêmes)

Finalement, je viens de comprendre le slogan de RSF affiché dans tout Tunis: Libres jusqu'à quand??

lundi 17 octobre 2011

تلاثة دقايق من عمرك... لبلادك


يا ولاد بلادي
هو فهمكم بعد 23 سنة غلط في غلط
وأنا.... لتوّة ما فهمتكم
لتوة ما فهمت إللي عدّى عمرو في ظلام الزنزانات وخرج باش يحبس شعبو في زنزانة الظلمات
لتوة ما فهمت اللي سنين يناضل باش يحل عينين شعبو عالظلم، واليوم حب السلطة عماه وخلاه كراكوز دكتاتور
ولتوة ما فهمت اللي بعث جواب بالغالط للوالي وكيف ما قضالوش، قال "أنا ما نستعرفش بالدولة وما نيش باش ننتخب"
كيف ما تستعرفش بالدولة ما تعمّلش عالوالي ..
وكيف الوالي يطلع ساقط وما يقضيش... امشي انتخب باش تبدلوا
ياللي تقول الانتخابات مزورة... أبعث خوك.. بوك وصاحبك يلاحظ ويشوف
ياللي تقول اللعبة ملعوبة.. افرش كفك.. موجيرة وكوال سباطة
تخرج مالشيلينغ باش تندد بنسمة.. دبرت خدمة لولدك؟
خلصت ديونك؟ شريت روبة لمرتك؟
للي لسعوا السيستام ... أيا كان السيستام الجديد... وحدك تنجم تبدل البرنامج
يقراولك ألف حساب ياللي موش قاري لروحك حساب
للي الجوع خلاه ليلو ما ينام
للي القناصة خلاو أولادو أيتام
هيا ننتخبوا
3 دقايق من عمرك... الضايع من قهوة لقهوة
ما عندك ما تخسر... بلادك ورقة رابحة 

samedi 24 septembre 2011

الفقر والفرعنة

ناس قبل، قالوا المتغطي بمتاع الناس عريان،
ناس قبل كانوا يخبّيوا المونة، ويشريوا الأراضي والسواني ويدّخروا الفلوس. اليوم ولادهم فيي فيي، أقسم أقسم، ومدّ مدّ الجبال تهد.
هكاكة تونس اليوم، أولادها يستهلكوا من الشنوة، ودوزيام شوا متاع البرا، واللي ما عندوش يتسلّف.
اللي شهريتو ثلاثة ميا، يتكلم بثلثها في التاليفون، يبات الليل يحكي مع صاحبتو، والثلث لاخر يخلص فاتورة ضو وانترنات. في العيد يتسلف، في الصيف يتسلف، في الرجوع للمكتب يتسلف، وشهر ورا شهر وهو يبقبق في الديون، الدار معاش خالط عليها، على خاطر المقاول، هو زادة مبقبق بالديون، يغلّي في الأسوام باش يخلص الفوائض. 
الدنيا غلات، شكون مازال يفضّل؟ وآش كون غلاّها؟
غلآتها الحجامة اللي تاخو 700 ألف باش تزيّن عروسة على ساعة ولا ساعتين، اللي قرا قراية تونس الكل عالقليلة يخدم نصف شهر باش يأخذ نفس المبلغ. 
غلاها اللي يبيع سلعة بحقها 300 و 400 مرّة، ولا من شافوا، وانت تشري، وردّ بالك ما تشريش؟ آش باش يقولوا عليك؟ 
التونسي عريان وفي صبعو خاتم، جيعان وفي العيد يشري علّوش.
جارو ما يخدمش وهو يطلب زيادة في الشهرية، ونهارين عطلة أسبوعية، ومن 48 ساعة في الجمعة ما يخدم كان 40 وساعات شطرهم. 
هكاكة تونس، كيف أولادها بالضبط، تتسلّف، تتسلّف، وفلوسها يمشيوا بين يدين الحجامة وجماعة الربا، وجماعة الي بلاش رباية. 
مشات الحجامة، وخلاتلنا ديون متلتلة، وعصافر فوق الشجرة.
اليوم جاوا جماعة، كل يوم يذكرونا اللي مسيرهم يمشيوا، أما باش يخليولنا ديون متلتلة وعصافر فوق الشجرة. 
توّة... نغرقوكم للعنكوش، وبعد قلولنا آش تنجموا تعملوا (بعد ما مشينا عليكم)
نستاهلوا 
أيا عيشك... كلّ واحد يبدا بروحو، 
الفرنسيس، قد ما استهلكوا، ديما الأولوية للانتاج الوطني والمحلي "Produits du terroir" أحنا الأولوية لانتاج بوذرّوح "Produits du trottoir"
الفرنسيس، قد ما تعدّاو بأزمات، نسبة الادخار عمرها ما تبدلت 16 بالميا، وانت، قبل ما تقول بلادك آش خبّاتلك، انت آش خبيتلها؟ 








mardi 9 août 2011

Interconnections de l’industrie des Nouvelles Technologies




L’ensemble de l’industrie des Nouvelles Technologies est un engrenage: Quelques chiffres intéréssants : Pixar a été créé en 1986, Instagram a été créé par un ancien de Google, Twitter a été créé par un ancien de Google/Blogger et enfin Youtube est fondé par un ancien de Paypal.
ça pourrait vous donnez des idées?

lundi 25 juillet 2011

La citoyenneté, les valeurs républicaines et l'inscription aux prochaines élections


Le 25 juillet 2007, j'avais écris pour les valeurs républicaines bafouées, c'était une goutte dans un océan de peines perdues. J'avais désespéré au point de focaliser sur ma vie, d'essayer de m'en sortir, de me construire un pays dans le pays, de rêver de partir ailleurs et puis de rester.

Et puis un jour, un homme qui ne pouvait pas partir ailleurs, qui ne pouvait plus rêver, qui ne pouvait rien se construire s'immole d'un feu qui fait naître "the wind of change", d'autres s'en suivent et un sirocco rafle l’arbre serpentin qui s’accaparait de la Terre bénie d'Afri9ia. Tous les désespérés, tous ceux qui n'y croyaient plus descendent dans la rue et crient d'une seule voix.

"Peut-être qu'une main du Ciel l'a poussé", le vieil arbre venimeux vaccille et tombe, les racines restent accrochées, à la quête de la moindre goutte d'eau qui le ravive et recrée son printemps. Les racines poussent loin et poussent encore à la recherche de cette goûte d'eau, et ne manquent pas d'idées. Toi, qui s'obstine à ne pas t'inscrire pour les prochaines élections. Veux-tu l'arroser?

Tu n'y crois pas... vraiment?

Pour un peuple qui n'y croyait plus depuis toujours, comment y croire aujourd'hui?
Cela aurait pu être autrement, si au lendemain de la révolution, le comportement civique des tunisiens auraient changé, si les tunisiens se mettaient à respecter un code éthique et moral irréprochable (sur la route, dans les affaires comme dans la vie), "à défaut de respecter les règles de droit élaborées par les Ben Alistes pour marcher dessus". Si au lendemain de la révolution, les tunisiens se sont focalisés, tous ensemble, à soigner les maux d'un pays pillé, au lieu de commencer les vagues de revendications, de surenchères, de diabolisation, d'expiation.
Que peut-on nous demander, nous sommes le fruit qu'ils ont cultivé durant des décennies. Nous avons souffert de la générosité et de l'altruisme de nos parents et grands parents combattants et/ou bourguibistes qui ont tout donné à la Tunisie, à leurs familles, à leurs voisins, nous laissant assoiffés devant ces Trabelsi et autres qui boivent à ivresse. On nous a appris à détourner, à contourner, à arborer le chemin le plus facile, à écarter les adversaires de la course par tous les moyens, et que le meilleur gagne, sans Dieu ni maître. Tout est déterminé d'avance, le pourcentage de réussite aux élections, le taux de réussite d'un concours, le nom de l'adjudicataire des offres publiques, et même la date du 3id.
فاقد الشيء لا يعطيه
Je n'ai plus rien à donner à cette Tunisie qui ne m'a rien donné, on m'a suffisamment déplumé et voilà que j'apprends que le 26-26 n'était que la Caisse d'épargne de Leylon. Et voilà que les mêmes visages pourris reviennent avec la caisse de la citoyenneté. La Tunisie ne prend pas le temps de déraciner l'arbre venimeux et à réfléchir à restaurer la forteresse et à dresser les premières pierres de fondations d'une société saine, juste et active. L'article 57 de la Constitution, le mal bien nécessaire, nous a joué bien des tours. Et les racines sont coriaces. Les gouvernements se suivent mais ne changent pas la politique de mendicité de Ben Ali, à l'intérieur comme à l'extérieur, on ne fait que quémander de l'argent, au lieu de mobiliser l’incitative privée nationale et internationale.

Des Kasbas se suivent, une 9obba, des sit-in, des marches, de sens et d'autres, pour et contre, et moi humble citoyen je n'y comprend que dalles. Chaque fois qu'un homme politique m'impressionne de son discours, d'autres le discréditent et tombe de son piédestal.
Justement les discours, j'en ai ras les oreilles. Un auguste aux mains ensanglantés m'en a prononcé des milliers, à toutes occaz, j'en attendais un même pour mon anniversaire. Ces dernières années, le clown étant fatigué, sa femme s'y est mise de toute sa force "de conviction".

Post révolution, j'ai assisté à des meetings, moi qui n'a jamais mis les pieds dans le rassemblement. Mais finalement, en quoi les meetings sont différents du rassemblement, tel que relaté si longuement, jadis et naguère, au télé journal et partout ailleurs.
Ils sont tous pareils, "la politique n'est qu'un jeu de mensonge!" Or, je me suis réveillé de mes songes et je veux du concret, là tout de suite. Un monde meilleur, la fin de mes insomnies, des espadrilles pour mes gosses, des cahiers, un sourire qui embellit ma femme, sinon j'en prendrai une deuxième.

Bandes d'incapables! En six mois, les prix ont augmentés, l'augmentation salariale n'est pas encore décidée, en tout cas qu'est ce que cela m'importe, désormais je n'ai plus de boulot, l'UGTT nous avaient promis monts et merveilles, nous avons enfin osé faire face au Boss, à coup de "Dégage", mais notre révolution a été avortée, et on s'est retrouvé à la porte, deux cents quinze.

Tu me demandes de m'inscrire? de voter? Pour des promesses qui ne seraient pas tenues? Pour des hommes qui m'appauvriront davantage pour rouler en caisse de députés, toucher un salaire de députés et inscrire dans l'Histoire leur nom en tant que députés de la Constituante de la IIème République de Tunisie?
Pour qu'un jour, un livre d'école enterre leurs passés et inscrit leurs noms sur la page d'en face que celle où figure Habib Bourguiba, Jalouli Fares, Mongi Slim, Mohamed Masmoudi, et les autres.

Alors pourquoi il faut y croire?

Même si vous pensez que ce qui se passe en ce moment n'est qu'une mascarade et que les partis politiques, les hommes d'influence, les journalistes, les avocats ne sont que des marionnettes qui servent des intérêts qui t'échappent, même si tu pense qu' "à partir de maintenant, on fera comme d'habitude". Sachez que rien ne sera plus comme avant! Personne, mais vraiment personne ne maîtrise absolument la situation. Toutes les forces doivent composer avec la situation présente, avec les imprévus. Et L'imprévu, l'imprévisible, le non-maîtrisable, le non-dompté, c'est justement toi! Toi, qui ne sait à qui donner sa voix, si chère aux enchères! Toi, qui ne sait sur quel pieds danser. Tunisien riche de ta bipolarité, de ta culture millénaire, de ton islam "concocté à ta manière pour convenir à ton rythme de vie", de ton arabité "si différente des autres arabes et si proche à la fois"

Aujourd'hui, j'ai 31 ans, je n'ai jamais voté. J'ai toujours été une révoltée muette ou presque, et je n'en suis pas fière.
Aujourd'hui, indépendante indécise, je suis décidée à voter, parce que ma voix compte. Quel que soit le résultat du vote, parce que justement un vote libre et transparent n'est jamais prévisible à l'avance, et parce que démocratie rime avec indécis. Contre toutes attentes, l'Histoire de la Tunisie sera dessinée par les indécis.

J'irai voter parce que chaque membre de ma famille votera pour un parti différent, nous nous aimons, çà crée notre richesse.

J'irai voter en toute confiance parce que les miens (ma famille et ma tribu de facebookers, bloggers et copinautes) se sont jurés, chacun de son côté, à faire le contrôle des bureaux en citoyens avertis et à dénoncer tout abus. J'aurai des yeux partout. Il est vrai que Facebook regorge d'hoax, d'intox, de manipulations, mais je fais confiance aux miens.

Tu te dis, je n'ai jamais lu la Constitution précédente, qu'est ce que çà changera pour moi, je composerai avec le régime que choisira la majorité, après tout qu'est ce que j'y pige en régimes politiques?
Ce n'est pas un Président qu'on choisit là, ce n'est qu'une assemblée provisoire... (qui tracera les lignes directrices de ton petit monde)
Et bien oui et non, voyons le nombre de décret-loi et décret promulgués par ce gouvernement plus que transitoire? 68 décret-lois et 947 décrets, si on se fit au JORT n°53 du 19/07/2011. Même moi, juriste et déterminée, j'ai pas encore eu le temps de tout lire. Une ribambelle de textes hasardeux et désastreux tels que le décret-loi n°30 relatif à l’amnistie des chèques sans provision, tel que les investissements immenses pour faire des pôles technologiques et zones industrielles sur des terrains fertiles, au lieu de donner des fonds aux facultés déjà construites et de bien les équiper pour encourager la recherche)

Tous ces bruits t'assourdissent, t’abasourdissent? La démocratie rime aussi avec animosité. Ce sont les règles du jeu, il n'y a pas à avoir peur des faux combats, des débats télévisés des gens qui parlent chinois qui disent la chose et son contraire en un tour de mot, çà ne fera que tamiser. وما يقعد في الواد كان حجرو

Tu appréhende le choix? Et si ton choix s'avère une grande erreur? Soit! Demain ne sera jamais pire qu'hier.
L'appareil Ben Ali nous a dopé de faux conforts, le confort d'habiter un appart perché, celui d'avoir une voiture populaire, celui de prendre un crédit sans épargne et surtout la grâce d'avoir un supermarché à proximité et les soldes à chaque saison.
Il faut savoir s'en passer, quelques fois.. pour te construire un véritable luxe de vie. Manger les fruits de son jardin, faire son savon, son plateau, offrir un nid d'ange fait de ses propres mains. Tes enfants s'ennuient, un tour dans les champs les plus proches de chez toi s’avérera plus plaisant et moins coûteux qu'un tour au supermarché et un sandwich/café au broyant et combien désagréable fast-food/salon de thé le plus en vogue.

Regardes ce qui se passe ailleurs, les modèles économiques, le retour des européens à la nature, à l'économie, à l'austérité, au moment où toi tu es pris dans les grippes des apparences trompeuses. Les plans B et les systèmes D boosteuront ton épargne et aideront à construire la Tunisie de demain, la Tunisie des citoyens responsables et non pas la Tunisie des consommateurs effrénés qui renflouent les caisses des paresseux hommes d'affaires qui ne réinvestissent pas leurs richesses.

J'ai déraillé dans tous les sens, mais la citoyenneté au concret, selon moi, c'est cela: Réfléchir, s'inscrire, construire, rester vigilent, dénoncer, désespérer des fois et renaître de ses cendres, écouter, lire, s'unir. Merci de m'avoir lu, je parie que mes lecteurs sont des internautes avertis qui pour la majorité se sont inscrits (ou convaincus, attendent l'occasion de le faire), j'ai toujours pensé que les abstentionnistes ne lisent pas les blogs. Ce texte, je l'ai écrit pour toi, qui t'es déjà inscrit, pour te mobiliser à aller vers les gens qui ne lisent pas, qui ne croient plus à un avenir meilleur, pour leur parler, pour essayer de les convaincre, pour les emmener dans ta voiture jusqu'au plus proches bureau d'inscription et les ramener chez eux, sans jamais.. JAMAIS essayer d'influencer leur vote.

vendredi 17 juin 2011

انقطاع

إليك: ما هكذا يكون المزاح.. محرقا كالملح

لو اشتقتً للافتراق

أو اشتقتً لقمر أزرق

وأضجرتني مدن الاحتراق

أتوسّل.. أن تعلّمني الخيانة

فمن سواء.. يلهب أسطول الكلمات

وفي ميناء الليل.. يمزّق أشرعة المراكب

من سواك حبيبي... يعتريني كالشجن

كم عاشقا ولّى

كم عاشقا أبحر.. كنوارس الليل الأبدي

تاركا الحقيقة.. وحيدة

وحدك.. يا عمري

يا قمري المتسلل بين السطور الوارفة

كلّما انتابني صداع الوفاء

وجدتك.. طوفا محبة

وكلّما وددتك قربي

يا غيابي ويا وجع السكينة

ألملم بقايا حنث

وأغرقه في المدى

فكلّ الأطياف يسحقها لهيب المدائن

إلا طيفك.. يا وجه المدينة.

جيهان معتوق

5 أكتوبر 1998

قبيلة من النساء - لذكرى نزار قباني

"قبيلة من النساء"

أهدي شوقي وخيباتي العابرة إلى... الراحل الباقي - نزار قباني

أيها الشوق

أيها الغرب

اذكر دوما أن بين المنافي

وجد منذ الأزل بحر حزين

يخصّب المخيلة

ويعزف وتر الجرح

يسكن سفوح الجبال

ويطأ "قبيلة من النساء"

يلبس عباءة الخيبات العابرة

ويغني...

للعيون الخضر.. للقدس... لقبيلة من النساء

أيها الشوق

اذكر دوما.. اللهب المتطاير من أفئدة الدراوييش، ومن ربابة زرياب

واذكر سنوات الحنطة وقصب السكر

.. سنوات الغياب

والطفولة المركونة

والبرق وأوكار الطيور

هاجرت الطيور وعفرت الأوكار

وغاب الصديــــق.

أيها الغرب

اذكر دوما.. أننا "قبيلة من النساء"

طاهرات.. راهبات

ليس بيننا مونيكا واحدة

ولا يتخطى عبيرنا أسوار الواحات

قبيلة من النساء-الملائكة

لم نعرف العهر يوما ولا أرصفة الطرقات

ولا المصارف.. ولا الموانئ

ولا ذبنا يوما في زحام الشراشف

ولا ذقنا يوما طعم الاحتراق

نحن قبيلة من النساء-الملائكة

لا نميّز بين الطربوش العثماني

وبين قبعة الكاوبوي

لأننا ببساطة لا نعرف إلا طعم العمامة

عمامة شيوخ الأزهر الشريف

ولم نجرّب يوما أقراص الصداع

ولا رائحة الحنين

نحن قبيلة من النساء-الموتى

لا نفرق بين أبواب العرّافات

وبين مقهى الانترنات

لا نفرق بين صناديق الاقتراع

وبين أضرحة الأولياء والسيدات

لا نفرق بين سرير عاجيّ

وبين معاهدة الخزي في كف السادات

ايها الغرب

هذا العصر عصركم

فدعونا نترحم على الفتوحات

ونغمض أعيننا

وندخل شرنقة اليراعات.

جيهان معتوق

25 سبتمبر 1998