jeudi 17 avril 2008

Elle dort avec ses lunettes


Elle dort avec ses lunettes, tout comme elle dormait avec ses lentilles, un crime se déroule à l'écran.
Son portable-réveil sonne à 5h45, çà lui permettra de dormir une heure de plus tout en organisant la course qui commence, dans sa tête.
En attendant que TU partage ses nuits profondes, c'est le stress qui gaine son lit. Ai-je bien fait aujourd'hui? Serai-je à la hauteur de la bataille de demain? Y laisserai-je trop de plumes? Est-ce ce que j'ai toujours souhaité? Serai-je mieux ailleurs? Qu'est ce que j'ai fait de mes rêves? Y-a-t il un ailleurs, un lendemain? Donna Quichotte se bat contre les moulins, les cheveux au vent.

Est-ce que tous les avocats sont aussi stressés que moi? Je sais que les urgences sont dans tous les bureaux, mais depuis le commencement, j'ai toujours été seule, au tourbillon.

Quand il m'avait rencontré, je faisais un break entre deux guerres. Je prenais quelques mois sabbatiques, les vacances judiciaires aidant. Le temps de quelques mois, je n'étais qu'une doctorante qui se préparait au concours de l'assistanat, la peur au ventre, le charisme à revendre. J'encaissais rupture après rupture, j'avais tout quitté, même ma nostalgie, même le cabinet où j'étais reine.

Aujourd'hui, je ne suis plus celle qu'il avait rencontré, j'espère que je suis toujours celle qu'il a aimé. Ce n'est que le revers de la médaille du charisme qui lui plait tant : le stress, le jonglage avec les péripéties de ma vie. La vie me forge, me façonne à sa guise. Je ne suis qu'une poterie, un pot de jardin, dans un jardin aride qui tient le coup sous un soleil ardent et qui durcit... et qui durcit.

Ma vie est bipolaire et au centre de ma Terre, il n'y a que toi. Et elle tourne, ma Terre, et elle tourne... tourne... comme un tourniquet. Et "Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon coeur"*

Je suis moins poétique, certes, mais l'amour s'écrit moins que le chagrin. L'amour se vit à chaque instant, à chaque seconde, que tu sois présent, que tu le sois moins, que je sois au tribunal, ou sur un nuage en cuir croco.


* Patricia Kaas : Les moulins de mon coeur - Album Piano Bar.

4 commentaires:

anonyme a dit…

un jour y aura quelqu'un pour te bercer et t'enlever tes lunettes.

Joy... a dit…

Il me berce déjà et me les enlève des fois.

Senem a dit…

Courage jolie poupée. Tu es bien à même de relever tous ces défis, mais ne t'oublie pas dans ce TGV émotionnel.
Plein de bonheur pour toi.

PS: New blog: http://senemdb.blogspot.com

Anonyme a dit…

c'est magnifique :)